ENTRETIEN MECANIQUE

 

Votre bateau est une petite usine mécanique et 95 % des plaisanciers ne savent pas comment l’entretenir.

Ce n’est pas une automobile que l’on confie à son concessionnaire une fois par an et qui vous la rend lavée et repassée de frais le soir même.

Un bateau, même de série, est plus complexe car moins homogène qu’un véhicule automobile.

De nombreux composants, installés peut être par le constructeur, sont en fait autant d’unité autonome dont la liste est longue et que le concessionnaire entretient presque jamais ?

Vidange t’il spontanément le dessal ? Vérifie-t-il le liquide hydraulique de la barre ? Graisse-t-il les vérins ? Vidange-t-il le propulseur d’étrave ?

La réponse est souvent négative car il existe rarement un tableau récapitulatif de l’entretien de tous les composants. Le constructeur du bateau se reportant, par facilité, à la lecture du manuel relatif au matériel installé.

La négligence des constructeurs va même au-delà puisque tous le matériel à bord n’est pas répertorié avec le modèle et le numéro de série.

Bien plus, certains concessionnaires, parmi les plus sérieux ne font pas le travail comme il devrait. On ne change pas un filtre car on ne le reçoit pas à temps, on met une filtration différente etc.. on ne change pas une anode car elle difficilement accessible etc…

Ces petites négligences se répercute sur la bonne santé de votre bateau. Ces petits riens accumulés usent prématurément.

Rien ne m’agace plus que le mécano, sûr de lui et arrogant devant votre ignorance, remplace une valeur préconisée par le constructeur par une autre, qu’il a en stock, au prétexte que c’est pareil.

Une année, je n’avais pas vérifié les travaux, et mon moteur ne tournait pas comme d’habitude avec un peu plus de fumée. Je le sentais à l’oreille, sans que ce soit très manifeste.

A la révision suivante, je me suis aperçu qu’il avait remplacé des filtres gas oil 2 microns par des 20 microns ; cela ne fait pas du bien à un moteur diesel common rail !

Je peux comprendre que vous ne soyez pas mécanicien dans l’âme et qu’un clef plate de 12 soit un sujet d’angoisse entre vos mains.

Je peux comprendre également que si vous avez un beau bateau c’est que vous travaillez beaucoup pour vous l’offrir.

MAIS, ce que vous devez faire impérativement cet hiver.

Réunissez toute la caisse de documentation que vous avez à bord et lisez chaque manuel à sa page d’entretien.

1° /Faites une liste de chaque matériel avec le modèle et le numéro de série ainsi que les différentes dates et recommandations d’entretien ; parcourez rapidement le manuel pour voir s’il n’y a pas de dessin de graisseurs car, parfois, ce n’est pas repris dans le tableau d’entretien. Dans votre tableau, n’oubliez pas d’inclure, les recommandations de consommable (iso de l’huile)

Si vous le pouvez, il est bien de mettre les références de pièces détachées pour votre prochaine commande.

2°/ Postez votre liste sur le cloud pour que vous puissiez y accéder facilement quand vous êtes en voyage.

 

Vous serez impressionné de tout ce que vous ne faites jamais, voir que vous ignoriez.

 

Vous n’êtes pas bricoleur et vous n’osez pas « toucher la mécanique » Votre voisin passe ces journées à fond de cale et fait tout lui-même.

Là on attient la stratosphère psychologique.

 

Tout d’abord, dites-vous que ce que vous ferez par vous-même réduira votre facture dans des proportions incroyables. En ces temps d’étranglement fiscal des plaisanciers, ce n’est pas négligeable.

 

La difficulté est de faire soit même ce qui est raisonnable et de demander des conseils avec mesure.

1°/ Faire soi-même ce qui est raisonnable :

Votre concessionnaire est un professionnel qui est assuré en responsabilité civile. Je lui confie donc l’entretien de tout ce qui est cher, même si c’est simple. Je ne change pas moi-même un filtre sur un moteur de 40.000 € Par ailleurs, le mécanicien doit avoir un œil sur l’ensemble de la mécanique et saura déceler la fuite inquiétante.

Pour le reste, anode, filtre go, vidange du groupe électrogène, graissage, entretien du dessal, hydraulique de barre, apprenez à le faire. C’est à la portée de tout le monde.

2°/ avoir une cale immaculée.

En école, je vois souvent des cales « dégueulasses » Tout d’abord si votre cale est immaculée, la moindre fuite vous sautera aux yeux et vous alertera ; par ailleurs le mécano qui entretiendra votre bateau, non seulement travaillera dans de meilleures conditions, mais surtout sera plus minutieux, sachant que le propriétaire est exigeant. N’oubliez pas que les mécanos travaillent dans des conditions difficiles ; il passera moins d’heures à bord si vous lui facilitez un travail propre.

3°/ demandez des conseils parcimonieux au voisin qui bricole.

Nous sommes là devant une appréciation difficile à faire. S’il fait tout lui-même, il vous conseillera et vous apprendra le basique, filtre, anodes, courroies, impeller, etc.. 

Pour le reste, écoutez-le, mais surtout renseignez-vous parallèlement. Fuyez, le type qui vous dit qu’une pièce est inutile et qu’il a supprimé à son bord « toutes ces conneries », qu’on peut remplacer une spécification par une autre, qu’il a trouvé le produit miracle au super marché pour 5 € au lieu de 200 €

Dans la mesure où vous n’êtes pas un mécano de métier, ne remplacez les consommables que par les modèles préconisés et vendus par le constructeur. Vous aurez déjà économisé sur la main d’œuvre et la TVA, ne prenez pas de risque en achetant des filtres bidons à bas prix.

 

Je vous encourage, progressivement, si vous avez le temps à prendre la mesure de votre bateau. Pour ne pas qu’il y ait de friction avec le mécano, prévenez-le à l’avance que vous souhaitez l’exact correspondance des pièces fournis avec la préconisation constructeur et que vous refuserez ce qui n’est pas conforme. Si vous lui fournissez la liste des pièces avec leur référence il n’aura qu’à les commander.

Si vous avez le temps, travaillez avec le mécano en même temps et si possible à côté de lui.

 

 

 

 

2017-09-18T10:48:30+00:00
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