De la lassitude devant la trop grande intelligence ! (billet d’humeur morose)

L’AOT nouveau vient de frapper.

Madame, Monsieur,

Vous bénéficiez actuellement d’une convention d’occupation du domaine public maritime consentie par lXXXXX en vue d’une exploitation économique.

Le Code Général de la Propriété des Personnes Publiques (CGPPP) vient d’être réformé par !’Ordonnance n°2017-562 du 19 avril 2017 avec une entrée en vigueur au 1er juillet 2017. Ce texte applique à la délivrance des conventions d’occupation précaire et temporaire sur le domaine public les règles européennes de la commande publique.

Cela modifie les modalités d’attribution de ces contrats utilisées jusqu’à présent par XXXXXXX.

Désormais, une mise en concurrence devra être organisée par l’autorité XXXXX gestionnaire du domaine public.

Aussi, XXXXXX travaille actuellement à l’élaboration de procédures de mise en concurrence.

 

Il n’y a rien à redire sur la formulation juridico-administrative et sur l’intention d’objectivité de cette disposition.

Je pense même, qu’autour d’une table, chacun serait vite convaincu du bien fondé de ces dispositions que l’on peut résumer ainsi: “dés lors qu’il y a AOT il doit y avoir une information préalable et une mise en concurrence loyale des candidats à l’attribution”

C’est un peu comme pour le football, il y a des règles pour toutes les équipes et chacune a ainsi sa chance d’emporter la coupe.

Oui, mais voilà, c’est aussi un peu comme pour le football, il y a l’équipe du village de 2.000 habitants sponsorisée par le café tabac du coin et celle du PSG sponsorisée par un Prince Pétrolier.

Pour l’AOT, il y a d’un coté l’artisan aux lunes de gas-oil sur les ongles, au verbe qui enfonce le coin du bon sens, qui exècre la paperasse et de l’autre coté de la bascule, le col amidonné et gauffré du cadre de Veol…. ou de Vinc… qui a une armée de secrétaires à sa disposition et qui parlera en langage de gentleman poudré, d’égal à égal, dans son quant à soi diplomatique de bonne compagnie, avec le cadre administratif, bac plus 7 sur l’échelle de l’élite bureau-crassique.

Comment voulez vous que ces gens puissent se comprendre ?

L’un explique qu’il a besoin de place pour ses petits bateaux qu’il a du mal à louer à cause de l’ubérisation du nautisme, qu’il ne peut investir plus que ce que lui laisse sa maigre marge pour payer les pots Bledina de son petit dernier et qui roule les billes de ses yeux à chaque coup de bottin qu’on lui assène sur le crâne lors des “réunions d’information” des “cellules de crise” dont l’ambiance sent le tabac froid des commissariats de quartier.

L’autre, tout en croisant et décroisant le pli de son pantalon de bon faiseur, opine du bonnet au galimatias de poncifs énoncés par le Mamamouchi de service, qui évoque tour à tour la nécessité de revalorisation du plan d’eau, la perspective d’un projet d’économie bleue qui s’inscrive dans un développement durable, la protection de notre petite planète catalysée dans l’interdiction faite de l’usage des tampons Jex pour récurer les casseroles et bien entendu, en accompagnant la portée avec des trémolos dans la voix pour entonner, au final, le llamento de la revitalisation du bassin de l’emploi.

Sonnez Hautbois, Résonnez Musettes, le premier chante faux une participation qu’il connaît mal, l’autre sort déjà de son havresac le rapport en 8 exemplaires brochés de 180 pages qui amènera l’examinateur à s’esbaudir de toute l’intelligence ainsi partagée avec ce Monsieur si bien élevé et si pertinent dans l’unisson.

Parfois, j’ai envie de devenir Amish dans un port reculé du Finistère, là où il n’y a que vagues et sel, pour chanter l’internationale face aux orages du néant.

Les dés sont institutionnellement pipés. Comme toute proie qui excite les suc biliaires du prédateur, ils sont tournés face à “sinistra”, le destin marche tout seul de son pas de légionnaire. 

Le boa constrictor qui sommeille tant qu’il n’a pas faim, déploiera tranquillement et mollement ses anneaux pour étouffer et engloutir tout ce qui peut générer l’ombre d’un profit.

A t-on déjà vu un simple particulier obtenir la concession pour la construction d’un parking ces dernières années. Le Boa se meut lentement, câline sa proie et le jour où il jettera son dévolue sur l’activité de ces professionels, se sera sous la forme d’un gros pavé de littérature, enfonçant tous les poncifs de la bienséance de la pensée orthodoxe labellisée par le consortium de la vertu cathodique et obtiendra la palme face aux ouistitis grimaçants qui n’ont pour arme que le trait du bon sens.

Car enfin, faut-il vraiment continuer à être intelligent pour gouverner un monde qui va si mal ? 

Ne faut-il rabaisser son caquet à l’impudence intellectuelle qui veut qu’un raisonnement, du moment qu’il en ait les fars ou les oripeaux de la rectitude grammaticale, devienne une vérité socratique ? Qui songe au bonheur du manant besogneux que nous commençons à être en n’ayant ni Rolex ni revenus à 6 chiffres !

Ne faut-il pas au contraire admettre que l’homme n’est qu’un homme qui sur cette terre n’a que ses bras pour labourer ?

Où nous conduit l’ aveuglement de nos élites qui n’a pas été forgée aux écoles de l’humanisme mais dans la simple vision du primat de l’économie, du progrès par les conquêtes des marchés et du bien être de la misère en lui parachutant du lait en poudre dans les “discount paradises” ?

L’on nous enseignait que nos méchants Rois n’avaient comme conception du bonheur que de faire la guerre à leurs voisins pour agrandir leurs terres ! La forme et l’enjeu ont certes changé la lumière de la scène, mais la mélodie revient en antienne lancinante.

Un jour où je regardais l’un de ces films légers qui font mon bonheur à l’instar de ma concierge qui se régalait de roman photos, une belle et jolie jeune femme voulait escroquer pour son groupe d’assurance un bel invalide, (rassurez vous cela se termine bien) je me faisais la réflexion que notre société moderne, qui ne croise plus ni la soutane de Don Camillo, ni la faucille de Peponne, n’avait plus de miroir pour lui réfléchir son examen de conscience. 

En raison de notre chrétienté (étant précisé que je suis Catholique Romain Agnostique avec une certaine tendance intuitive vers l’Athéisme absolu) nos Élites, qui par vocation naturelle, ont l’ambition de nous guider, devraient aller faire une retraite de conscience pour méditer sur la Société qu’ils veulent organiser.

 

2017-11-11T15:28:41+00:00
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