
Les plus grands records de navigation à la voile et en mer
16 juillet 2026Temps de lecture : 5 min | Mis à jour en 2025
Vous possédez un voilier, vous naviguez depuis des années, et l’idée de proposer des sorties payantes pour générer un revenu complémentaire vous séduit. Sur le papier, c’est simple. Dans les faits, trois questions méritent une réponse claire avant de se lancer : quel titre faut-il détenir ? Quelle assurance est indispensable ? Et quel statut choisir pour encaisser légalement ?
Sommaire
1. Plaisance ou transport de passagers : la distinction fondamentale
2. Quel titre maritime pour embarquer des passagers payants ?
3. Quelle assurance est obligatoire ?
4. Quel statut juridique pour encaisser ces revenus ?
5. Combien peut-on gagner avec des sorties à la journée ?
6. Questions fréquentes
1. Plaisance ou transport de passagers : la distinction fondamentale
C’est le premier point à comprendre. En France, dès lors qu’une contrepartie financière existe pour embarquer des personnes à bord (même partielle, même symbolique), vous sortez du cadre de la plaisance et entrez dans celui du transport de passagers à titre onéreux, régi par le Code des transports.
Naviguer hors de ce cadre expose à des sanctions administratives et pénales, mais surtout à une absence totale de couverture assurantielle en cas d’accident.
> La règle à retenir : partager des frais de carburant avec des amis, c’est légal. Fixer un prix et faire de la publicité pour vos sorties, c’est une activité commerciale soumise à réglementation.
2. Quel titre maritime pour embarquer des passagers payants ?
Le titre requis dépend de votre zone de navigation et du nombre de passagers. La limite clé est fixée à 12 passagers maximum — au-delà, vous entrez dans la réglementation des navires à passagers, beaucoup plus contraignante.
Configuration | Titre minimum requis
- Sorties côtières, < 20 milles, jusqu’à 12 passagers | Capitaine 200 côtier
- Sorties hauturières, jusqu’à 12 passagers | Capitaine 200 voile ou moteur
- Yachtmaster RYA (converti DREAL) | Possible après procédure d’équivalence (6-18 mois)
Ce qui ne suffit pas : le permis plaisance côtier ou hauturier, aussi solide soit votre expérience, ne permet pas d’embarquer des passagers payants. C’est un titre de plaisance, pas un titre professionnel.
Si vous êtes titulaire d’un Yachtmaster RYA, vous ne pourrez pas non plus exercer sous pavillon français.
3. Quelle assurance est obligatoire ?
C’est le point le plus sous-estimé. Votre assurance plaisance habituelle ne couvre pas une utilisation commerciale de votre bateau — une clause d’exclusion explicite est systématiquement présente dans les contrats standard.
Les couvertures indispensables
– RC Professionnelle maritime : couvre les dommages causés à vos passagers, à d’autres navires ou aux infrastructures portuaires dans le cadre de votre activité
– Corps du navire en usage commercial : votre bateau doit être assuré pour un usage commercial, pas uniquement de plaisance
– Protection juridique professionnelle : recommandée pour couvrir les frais de défense en cas de litige
Ordre de grandeur des tarifs
Profil | Coût annuel estimé
- Voilier < 10 m, activité légère | 800 – 1 500 €/an
- Voilier 10-15 m, activité régulière | 1 500 – 3 000 €/an
- Motoryacht 15 m+, activité intensive | 3 000 – 6 000 €/an
Privilégiez des courtiers spécialisés en assurance maritime professionnelle (Pantaenius, April Marine, Generali Marine) plutôt qu’une simple extension de votre contrat plaisance.
4. Quel statut juridique pour encaisser ces revenus ?
Encaisser sans déclaration, même occasionnellement, constitue du travail non déclaré. Trois options s’offrent à vous selon l’ampleur de votre activité.
La micro-entreprise est la solution la plus adaptée pour une activité complémentaire. Création gratuite en ligne, charges calculées sur le CA réel, seuil jusqu’à 77 700 € HT annuels. L’abattement forfaitaire BIC de 50 % s’applique sur vos revenus imposables. Idéal pour démarrer sans complexité administrative.
La SASU ou EURL devient pertinente si votre activité dépasse 30 000 – 40 000 € de CA annuel. La déduction des charges réelles (carburant, entretien, assurance, amarrage) compense alors les obligations comptables supplémentaires.
Le portage salarial maritime est une option intermédiaire pour tester l’activité sans créer de structure : une société de portage gère la facturation et les charges sociales contre une commission de 10 à 20 % du CA.
Les plateformes pour trouver vos premiers clients
Plateforme | Commission | Exigences
- Click&Boat | 15 – 25 % | Assurance vérifiée
- Samboat | 15 – 20 % | Titre pro selon activité
- Airbnb Experiences | 20 % | Vérification profil
> Attention : le fait qu’une plateforme accepte votre annonce ne garantit pas votre conformité réglementaire. La responsabilité reste entièrement la vôtre.
5. Combien peut-on gagner avec des sorties à la journée ?
Les tarifs du marché en 2025
Type de sortie | Tarif moyen | CA par sortie (estimé)
- Balade côtière journée (6 pers.) | 80 – 120 €/pers. | 480 – 720 €
- Sortie snorkeling / calanques (8 pers.) | 90 – 150 €/pers. | 720 – 1 200 €
- Privatisation journée | 600 – 1 200 € forfait | 600 – 1 200 €
- Sortie coucher de soleil (8 pers.) | 50 – 80 €/pers. | 400 – 640 €
Simulation réaliste
Profil : voilier 11 m en Méditerranée, 2 sorties par semaine de mai à septembre.
– 40 sorties × 700 € de CA moyen = 28 000 € de CA brut
– Charges liées à l’activité (carburant, entretien, assurance pro) : ~5 000 €
– Net estimé après charges sociales et impôts (TMI 30 %) : environ 15 000 – 17 000 €
Les premières saisons, comptez 30 à 50 % de moins le temps de vous constituer une clientèle et des avis en ligne.
6. Questions fréquentes
Non. Le permis plaisance ne permet pas d’embarquer des passagers contre rémunération. Un titre professionnel (Capitaine 200 côtier au minimum) est obligatoire.
Non. Une clause d’exclusion pour usage commercial est présente dans tous les contrats plaisance standard. Une RC professionnelle maritime est indispensable avant toute sortie rémunérée.
Oui. Tout revenu tiré d’une activité commerciale est imposable en France, même ponctuel. L’absence de déclaration expose à un redressement fiscal avec majorations.
La limite est fixée à 12 passagers. Au-delà, la réglementation des navires à passagers s’applique, avec des obligations beaucoup plus lourdes sur le bateau et l’équipage.
Non directement. Il doit faire l’objet d’une procédure d’équivalence auprès de la DREAL avant tout exercice sous pavillon français.
Propriétaire de bateau souhaitant transformer votre passion en revenu complémentaire ? The Yachter vous accompagne dans le choix d’un titre adapté pour générer des revenus complémentaire avec une activité de Capitaine.



